mardi, 15 mai 2012

MAJUSCULE!

Magnifique, cette passation de pouvoirs n'est-il pas ? A peine le nabot a-t-il tourné les talons qu'il n'y a plus personne sur le perron : allez zou, dégage pov' con! François Hollande a vengé la France entière en quelques secondes, en balayant la vermine de l'Elysée avec aussi peu d'intérêt qu'elle n'en mérite. Ca fait du bien, hein, ça relaxe, cette image d'un Président majuscule, digne, à la portée des péquins, calme, sans tic, sans asperge liftée à ses côtés, sans paillettes et force laque L'Oréal qui dégueulent des cheveux d'une Cécilia tout le long du tapis rouge...

J'ai senti, physiquement, la barre qui s'était formée et endurcie pendant cinq ans dans mes épaules s'envoler, doucement, tout au long de la journée, au fur et à mesure des discours...

Mais soyons beaux joueurs, soulignons tout de même la grandeur de Gaulle, la modernité de Giscard et... oui, pour Sarkozy, on n'a rien trouvé à saluer.

A cet instant, je pense à mon professeur d'histoire bègue d'hypokhâgne, qui nous avait appris le dix neuvième siècle en France en nous mi-mimant sous forme de petits sketches tous les moments importants. Et je me dis que c'est bien dommage qu'il n'enseigne plus aujourd'hui : dans à peine dix ans il aurait fait un malheur dans la reconstitution de cette investiture.

 

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Que la dératisation commence...

Minuscule...

... mais grandiose! Je viens de découvrir cette série de dessins animés croquignoles qui pourtant met en scène des animaux que je n'affectionne pas forcément : des insectes. Il y a eu le choc Microcosmos à son époque, qui était déjà plein de poésie mais très sérieux tout de même, vu son aspect presque documentaire.

Ici, on entre dans l'intimité des insectes, attachants, d'autant plus humains qu'on a pris le soin de ne pas leur coller un doublage de voix à la con et la magie opère en quelques minutes. C'est qu'ils en réussissent des grands exploits, au quotidien, à l'image de cette chenille qui traverse un ruisseau pour aller chercher de nouvelles feuilles, celles qui semblent toujours plus vertes puisqu'elles sont sur l'autre rive.

^Ca se grignote au début et ça se dévore par heures entières au final...

 

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dimanche, 13 mai 2012

Encore un peu de bonne volonté!

Car je sais, stagiaires de toutes les formations que vous n'en manquez pas, à tel point qu'on repousse toutes les limites imaginables pour vous extirper votre jus vital et vous exploiter.

Oui, j'assume mon côté Arlette Laguiller et vous promets pour ma part de ne pas trop vous voler votre temps et votre énergie. Mais l'heure est grave et j'ai besoin de vous.

Si vous non plus vous n'en pouvez plus d'être pris pour une bille à longueur de temps, si vous aussi vous avez l'impression d'être invisible mais de contribuer à faire vivre les entreprises qui vous mangent la laine sur le dos, si vous avez subi des abus de toutes natures liées à votre état de stagiaire, n'hésitez pas! Racontez-moi tout ça, que ce soit un simple pitch ou dans le détail, videz votre sac auprès de maman Ronchon. Je cherche des témoignages de stagiaires, tout neufs tout beaux qui ont encore quelques années devant eux avant de somber dans la désillusion la plus totale, ou des vieux routards comme elle qui en sont, dix, vingt ou trente ans après leur bac à quémander un peu de respect, d'attention ou de reconnaissance.

La finalité de la chose ? Un projet que je ne voudrais pas éventer mais dont je vous ferai part si vous me contactez.

N'ayez pas peur de vous retrouver ligoté et menacé de mort par vos actuels ou ex employeurs, je garantis l'anonymat des entreprises et des témoins.

 

Pour m'écrire ? rien de plus simple : ronchonnemaronchon@yahoo.fr

 

Par avance, chers collègues de galère, je vous remercie.

mercredi, 09 mai 2012

Bref, je suis tombée bien bas

Ca ne vous est jamais arrivé, ce moment terrible où vous avez l'impression que votre esprit s'est détaché de votre corps et vous observe du fond de la pièce où vous vous trouvez ?

Présentement, mon esprit doit s'appuyer au mur de la cuisine pour supporter la vision de ce corps affalé en T-shirt XXXXXL Lucky Strike glané sur les bords gadoueux d'un vieux rallye de motocross il y a environ 15 ans, désaccordé à un bas de pyjama devenu trop court. Mais surtout, ce corps qui a abdiqué est posé là, à côté de la télé où beuglent des espagnols bariolés car c'était la finale de la Ligue Europa et que le coloc adore ça.

C'est ce moment où les questions affluent : "mais qu'est-ce que je fous là?", "comment cette scène improbable il y a encore deux ans a pu arriver si vite, si fort, si surréalistement?", "est-ce que je vais finir avec un fan de foot étant donné que pour me sortir de la galère professionnelle où je m'enlise je ne vois plus que le mariage avec un bourrin qui va me coller trois mômes et peut-être me tabasser devant eux, surtout s'il est fan de foot ?"

Bref, ça me désole.

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samedi, 28 avril 2012

Tous les chemins mènent à Nontron

Nontron, son château, ses 3421 habitants au dernier recensement et... sa putain de déviation de merde!

Jevous brosse le tableau : il est 20h, je me suis galéré depuis onze heures sur la route pour tracer depuis Besançon. Oui, je me suis donc déjà tapé pendant une heure et demi le matin le centre-ville de Besac' qui se beyrouthise pour au moins les trois prochaines années à cause destravaux de mise en place du tramway et j'ai tracé toute la diagonale de la France, ce fameux tronçon rebaptisé "Highway to Hell" par les routiers nostalgiques de l'époque où le rock était and roll.

J'avais repris un peu de courage en voyant les panneaux "Limoges", "Montpellier", "Toulouse", "Bordeaux" et "Périgueux". Or, une fois sortie de la capitale périgordine, ma Bumbo et moi qui marinions depuis déjà plusieurs heures dans nos odeurs de tabac et de renfermé nous retrouvons devant des écriteaux jaunes. C'est jamais bon. Surtout quand il y a deux itiniéraires conseillés qui se confondent (un pour les camions, un pour les voitures). Et que le GPS recalcule pour faire en sorte de me ramener en permanence sur la route barrée où je pâlis devant la menace : "Dernière possibilité de faire demi-tour, contrôles policiers".

Car j'ai parcouru au final pendant ce trajet plus de chemins vicinaux que d'autoroute! J'ai claqué des dents en crossant à travers de la forêt, des champs escarpés où j'imaginais que sous les tas de fumiers il y avait peut-être de nombreux cadavres de pauvres filles qui avaient eu le malheur de se perdre là, qui avaient peut-être demandé de l'aide pour une pauvre roue crevée... Plus j'avançais et plus le paysage ressemblait à un début de film d'horreur.

Vous savez pendant combien de temps j'ai tourné ? Une heure! une heure avant d'appeler en désespoir de cause mes parents... qui m'ont appelée pour me dire "on arrive, mais là on a du prendre une déviation." Le cercle vicieux, vous en vouliez une illustration ?

J'étais à bout de force, crade, avec les yeux qui piquaient, avec trois gâteaux dans le ventre, au milieu de nulle part ou pas grand chose, redoutant de croiser des mecs bourrés et sans occupation, dans ma voitue feux éteints. Mes parents sont arrivés très vite. MAIS pourquoi l'aventure serait-elle terminée ?

Il fallait repartir, mon père rebaptisé chez nous "Bison Futé" pour la sagacité de ses jugements en matière d'orientation, ma mère au volant de ma titine, prenant le relais du tas de chair sans esprit que j'étais devenue. Et on a roulé. Et on s'est arrêtés en rase campagne, la nuit tombée, au moins trois fois après cinq demi-tours. On a consulté des cartes de France et même le Livre des Cartes Routières.

Une heure plus tard, mon père a compris la situation : la déviation était bien indiquée mais dans un seul sens seulement! à l'aller, mais pas au retour! Mais qui est le con de la mairie ou de la DDE qui a eu cette superbe idée ? Si le but était de faire revivre Nontron la nuit et d'y amener des consommateurs de nuitées d'hôtels, de repas au resto et de places pour le ciné autant vous le dire, vaut mieux créer un Festival de la miniature en pâte à modeler ou des collections de tire-bouchons à travers les âges!

Il n'y a qu'un manque de temps qui m'a empêchée d'alerter les médias locaux parce qu'en plus dans mon malheur, je me suis rendue compte que plusieurs voitures m'avaient suivies dans mes circonvolutions, leurs occupants m'ayant sans doute prise pour Moïse. Combien de personnes doivent se paumer pour qu'on prenne la peine d'installer des panneaux dans les deux sens et plus fréquemment que tous les 20 kilomètres! Fallait-il que je me paume pour de bon et que je me fasse égorger par un homme des bois schizophrène ?

En tout cas je vous le dis, même si l'idée ne m'aurait jamais effleurée, je n'irais jamais passer mes vacances à Nontron!!!

 

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